GreenFlex Actualités Articles Électrification de l’industrie Électrification de l’industrie : comment la déployer ? Face à l’urgence climatique, à la volatilité des prix de l’énergie et aux enjeux d’indépendance énergétique, l’électrification de l’industrie apparaît comme une solution stratégique pour accélérer la décarbonation tout en améliorant la performance économique des entreprises. En effet, en France, grâce à un mix électrique bas carbone, cette transition énergétique industrielle offre des opportunités majeures pour moderniser les procédés et réduire durablement les émissions de CO₂. Sommaire Qu’est-ce que l’électrification industrielle ? Les enjeux de l’électrification dans l’industrie Les bénéfices de l’électrification dans l’industrie Les technologies d’électrification de l’industrie Les coûts et la rentabilité de l’électrification industrielle Aides publiques et mécanismes de soutien Les étapes clés pour électrifier ses procédés industriels Conclusion Qu’est-ce que l’électrification industrielle ? L’électrification industrielle consiste à remplacer les équipements fonctionnant aux énergies fossiles (gaz, charbon, fioul) par des solutions alimentées en électricité. Les équipements concernés sont variés : chaudières, sécheurs, équipements de distillation, cuiseurs et pasteurisateurs, tunnels de séchage, fours… Les enjeux de l’électrification dans l’industrie Le potentiel d’électrification est très important car environ ¾ des consommations énergétiques du secteur industriel reposent sur les usages thermiques, alimentés en grande partie par des énergies fossiles. La production de chaleur est donc un levier majeur de décarbonation, générant à elle seule près de 50 % des émissions directes de gaz à effet de serre de l’industrie française… Et on estime que 80 % de ces usages seraient électrifiables d’ici 2035 ! La France dispose d’un avantage significatif grâce à une production électrique bas carbone abondante (nucléaire et énergies renouvelables) et très compétitive (à faible coût variable). En 2025, elle a atteint un niveau record d’exportations d’électricité avec 92,3 TWh, soit l’équivalent de la consommation électrique d’un pays comme la Belgique ! Les pouvoirs publics accélèrent également cette dynamique, avec un plan d’électrification, présenté le 23 avril 2026, qui comprend 22 mesures pour renforcer la souveraineté énergétique du pays et garantir une sécurité d’approvisionnement. Certaines sont dédiées au secteur industriel : création de fiches et accès à de nouvelles primes CEE pour les chaudières électriques en juillet 2026 et pour les équipements de compression mécanique de vapeur en octobre 2026 relance des dispositifs de subventions publiques: appel à projets pour les sites les plus carbonés et nouvelle relève du dispositif de soutien DECARB-IND pour les sites intermédiaires en 2026 proposition de nouveaux contrats d’électricité de long terme (8 – 10 ans) où le gouvernement mettra en vente très en avance une partie du volume d’énergie renouvelable soutenue par l’Etat Les bénéfices de l’électrification dans l’industrie Au-delà de la réduction des émissions directes de gaz à effet de serre, produire une utilité décarbonée offre de nombreux bénéfices pour les industries électro-intensives. Elle peut contribuer à la fois à la performance économique, à la sécurité énergétique et à la résilience face aux fluctuations du marché. Améliorer sa compétitivité: les technologies électriques offrent des rendements élevés. Par exemple, une pompe à chaleur industrielle peut restituer jusqu’à trois fois l’énergie consommée, améliorant significativement l’efficacité énergétique Maîtriser sa facture énergétique: l’électrification permet de réduire la dépendance aux énergies fossiles dans un contexte de volatilité plus marquée des prix du gaz et du fioul Maîtriser ses coûts: l’électrification permet en effet une réduction des émissions de CO₂ et donc ses besoins en termes de quotas carbone pour les sites assujettis Renforcer son autonomie énergétique: valoriser la chaleur fatale issue des technologies d’électrification permet d’aller encore plus loin Bénéficier de subventions : que ce soient des primes Certificats d’Economies d’Energie (CEE) ou des subventions publiques, elles existent et vont se renforcer dans les prochains mois ! Les technologies d’électrification de l’industrie Il existe de nombreuses solutions d’électrification des procédés industriels, voici un panorama de technologies répondant à différents niveaux de température. Pompes à chaleur industrielles Les pompes à chaleur industrielles peuvent s’adapter à différents procédés basse et haute température (40 – 180°C). Elles se distinguent par un coefficient de performance (COP) élevé et leur compatibilité avec les sources de chaleur fatale. Le potentiel de réduction des besoins de consommation de chaleur est estimé à entre 40 et 70 % en utilisant des pompes à chaleur haute température. Elles couvrent des usages tels que la cuisson, le séchage, le lavage ou le préchauffage et sont plébiscitées par les secteurs agroalimentaire, chimique, papetier et pharmaceutique. La mise en place d’un système de pompe à chaleur en rehausse de température de chaleur fatale est actuellement subventionnée par le dispositif des CEE et sa prime bonifiée (x2). Compresseurs mécaniques de vapeur Les compresseurs mécaniques de vapeur (CMV), ou recompression mécanique de vapeur (RMV), permettent de valoriser l’énergie contenue dans les vapeurs issues des procédés industriels. Ils compriment ces vapeurs pour en élever la température et la pression, afin de les réutiliser comme source de chaleur. Cette technologie, assimilable à une pompe à chaleur ouverte, offre des coefficients de performance (COP) élevés. Elle se distingue par : une réduction significative des consommations énergétiques (supérieure à 50 % par rapport aux systèmes conventionnels) une forte capacité de valorisation de chaleur fatale interne Les CMV sont particulièrement adaptés aux procédés d’évaporation, de distillation ou de séchage dans les secteurs agroalimentaire, chimique, pharmaceutique ou du traitement des effluents. Une fiche CEE devrait paraître en octobre 2026 pour améliorer le temps de retour sur investissement de l’opération. Chaudières électriques Les chaudières électriques industrielles produisent de la chaleur ou de la vapeur à partir d’électricité, avec un rendement proche de 100 % grâce à la conversion directe de l’énergie électrique en chaleur. Elles offrent plusieurs avantages : zéro émission directe de CO₂ sur site (hors mix électrique) démarrage rapide et régulation fine de la température ou de la pression faible maintenance (absence de combustion, de brûleur ou de cheminée) intégration simple et compacte dans les installations existantes Elles couvrent de nombreux usages (stérilisation, cuisson, nettoyage, procédés chimiques, production de vapeur process) dans des secteurs tels que l’industrie agroalimentaire, la chimie, le textile, la santé ou encore la papeterie. Elles permettent également de valoriser les flexibilités électriques (effacement, service réseau pour la régulation de la fréquence), renforçant la compétitivité des sites industriels. Une fiche CEE devrait paraître en juillet 2026 pour améliorer le temps de retour sur investissement de l’opération. Fours électriques Les fours électriques industriels utilisent l’électricité pour produire des températures élevées avec une précision de contrôle accrue et une meilleure efficacité énergétique que les technologies à combustibles fossiles. Ils présentent plusieurs bénéfices : suppression des émissions directes de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques température homogène et pilotage précis des procédés réduction des consommations d’énergie pour un même niveau de production Ils sont particulièrement pertinents pour des usages intensifs en chaleur comme la métallurgie, la verrerie ou la céramique. Dans la sidérurgie, les fours à arc électrique permettent de produire de l’acier à partir de ferraille recyclée, avec une empreinte carbone fortement réduite (jusqu’à ~0,5 kg CO₂/kg d’acier contre ~2 kg pour un haut fourneau, soit une baisse majeure des émissions). À l’échelle mondiale, cette technologie peut réduire les émissions de la production d’acier jusqu’à 86 % par rapport aux procédés conventionnels. Par ailleurs, des industriels comme Verallia ont déployé des fours 100 % électriques dans la verrerie, permettant une réduction d’environ 60 % des émissions de CO₂. Cette opération est valorisable en CEE spécifiques. Les coûts et la rentabilité de l’électrification industrielle Le coût de l’électricité pour les entreprises s’élève en moyenne à 156 €/MWh en 2025, en baisse par rapport aux niveaux exceptionnellement élevés observés en 2023 dans un contexte de tension sur les marchés énergétiques. Cette évolution tend à améliorer la compétitivité des solutions électrifiées, notamment en substitution des énergies fossiles. Si les projets d’électrification impliquent des investissements initiaux souvent significatifs (adaptation des installations, renforcement des raccordements électriques, acquisition d’équipements), ils s’accompagnent de gains économiques à moyen et long terme. Ces gains reposent sur plusieurs leviers : amélioration de l’efficacité énergétique, réduction des coûts liés au carbone (quotas CO₂), diminution des coûts de maintenance et meilleure stabilité des prix de l’énergie. Par ailleurs, l’électrification permet de valoriser des opportunités de flexibilité du système électrique (effacement, pilotage de la demande, gestion des pics de consommation). Cette action génère des revenus complémentaires ou des économies sur la facture énergétique. Elle contribue également à renforcer la performance environnementale et la conformité réglementaire des sites industriels, devenues des critères clés pour l’accès à certains marchés et financements. Enfin, la rentabilité des projets est fortement soutenue par les dispositifs d’aides publiques (CEE, subventions ADEME, appels à projets de décarbonation), qui permettent de réduire le temps de retour sur investissement et d’accélérer la mise en œuvre des solutions. Pour réduire le reste à charge, les équipes GreenFlex proposent aux industriels de combiner ces différentes solutions. Dans ce contexte, l’électrification massive constitue un levier stratégique pour conjuguer compétitivité industrielle et transition énergétique. Aides publiques et mécanismes de soutien De nombreux dispositifs publics accompagnent aujourd’hui les industriels dans leurs projets d’électrification, pour accélérer la décarbonation des procédés et renforcer la compétitivité des sites. En complément, le Fonds Chaleur, piloté par l’ADEME, soutient les projets de production de chaleur renouvelable et de récupération. Les solutions d’électrification performantes en bénéficient aussi, lorsqu’elles s’intègrent dans une stratégie globale de transition énergétique. Le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) constitue un levier central pour financer une partie des investissements liés à l’amélioration de l’efficacité énergétique et à la substitution des énergies fossiles. Certaines opérations bénéficient de bonifications spécifiques, notamment lorsqu’elles s’inscrivent dans une logique de récupération de chaleur fatale ou d’électrification bas-carbone. Les programmes DECARB-FLASH, DECARB-IND et les appels à projets de décarbonation industrielle financent quant à eux des projets à grande échelle, afin de transformer en profondeur des procédés industriels. Ces dispositifs peuvent couvrir une part significative des investissements industriels, en particulier pour les technologies innovantes ou fortement contributives à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. D’autres mécanismes viennent compléter cet écosystème d’aides : subventions régionales, financements européens (Innovation Fund, FEDER), ou dispositifs liés à la performance carbone (ETS notamment). Dans ce contexte, la mobilisation de ces aides permet de réduire significativement le coût des projets, d’améliorer leur rentabilité et de sécuriser leur déploiement. L’électrification industrielle s’inscrit ainsi dans une dynamique fortement soutenue par les politiques publiques de décarbonation, en cohérence avec les objectifs nationaux et européens de neutralité carbone. Les étapes clés pour électrifier ses procédés industriels L’électrification d’un site industriel ne se résume pas au remplacement d’un équipement fonctionnant au gaz ou au fioul par son équivalent électrique. Pour garantir la performance technique et économique du projet, une démarche structurée est indispensable. Établir une trajectoire de décarbonation et identifier les usages prioritaires La première étape consiste à réaliser un diagnostic énergétique du site afin de comprendre les usages de l’énergie, les niveaux de température requis par les procédés et les postes les plus émetteurs de CO₂. Cette analyse permet de : cartographier les consommations énergétiques du site ; identifier les équipements fonctionnant aux énergies fossiles ; quantifier les émissions de gaz à effet de serre associées ; repérer les gisements de chaleur fatale valorisables ; hiérarchiser les opportunités d’électrification selon leur impact environnemental et économique. Des dispositifs de soutien de l’ADEME peuvent financer une partie de ces études préalables, notamment dans le cadre de trajectoires d’investissements bas carbone. Réaliser une étude de faisabilité technico-économique Une fois les opportunités identifiées, il est nécessaire d’évaluer les solutions techniques envisageables : pompes à chaleur industrielles, compresseurs mécaniques de vapeur, chaudières électriques, fours électriques ou combinaison de plusieurs technologies. L’étude de faisabilité permet notamment : d’évaluer les performances énergétiques attendues ; de vérifier la compatibilité avec les procédés industriels existants ; d’analyser les besoins éventuels en renforcement électrique ; d’estimer les investissements nécessaires ; de calculer les économies d’énergie et les réductions d’émissions de CO₂ ; de déterminer le temps de retour sur investissement. Cette phase est essentielle pour sécuriser les décisions d’investissement et construire un projet réaliste. Mobiliser les aides et construire le plan de financement L’électrification industrielle bénéficie aujourd’hui de nombreux dispositifs d’accompagnement. La mobilisation de ces aides dès la phase de conception permet : de réduire le reste à charge ; d’améliorer la rentabilité du projet ; d’accélérer les décisions d’investissement ; de sécuriser le calendrier de mise en œuvre. Une ingénierie financière adaptée, telle que proposée par GreenFlex, est souvent un facteur clé de succès pour les projets les plus ambitieux. Déployer les solutions et piloter les travaux Après validation du projet, la phase de déploiement comprend l’ingénierie détaillée, les consultations fournisseurs, l’installation des équipements et leur mise en service. L’objectif est de garantir : la continuité de la production ; le respect des performances attendues ; la maîtrise des coûts et des délais ; la conformité réglementaire et les exigences de sécurité industrielle. Cette étape nécessite une coordination étroite entre les équipes d’exploitation, les fournisseurs et les partenaires techniques. Mesurer les performances et inscrire l’amélioration dans la durée Une fois les équipements en fonctionnement, le suivi des performances permet de vérifier l’atteinte des objectifs énergétiques, économiques et environnementaux. Les indicateurs suivis peuvent notamment porter sur : les consommations énergétiques ; les économies réalisées ; les émissions de CO2 évitées ; les gains liés aux dispositifs de flexibilité électrique ; la disponibilité des équipements. Cette démarche d’amélioration continue optimise durablement les performances du site et fait émerger de nouvelles opportunités de décarbonation. Conclusion L’électrification des procédés industriels s’impose aujourd’hui comme un levier incontournable pour concilier décarbonation, compétitivité et souveraineté énergétique. Soutenue par un mix électrique français largement décarboné, des technologies désormais matures et un renforcement des dispositifs d’accompagnement publics, elle offre aux industriels des opportunités concrètes pour réduire durablement leurs émissions de CO₂ tout en améliorant leur performance économique. Chaque site industriel présente cependant des contraintes techniques, énergétiques et économiques qui lui sont propres. La réussite d’un projet d’électrification repose donc sur une analyse approfondie des usages, des procédés et des opportunités de valorisation énergétique afin de construire une trajectoire d’investissement adaptée et rentable. Chez GreenFlex, nous accompagnons les industriels à chaque étape de leurs projets : identification des potentiels d’électrification, études technico-économiques, mobilisation des financements et des aides publiques, pilotage des travaux et suivi de la performance. L’objectif : transformer les ambitions de décarbonation en projets concrets, performants et créateurs de valeur pour l’entreprise. FAQ Qu’est-ce que l’électrification ? L’électrification consiste à remplacer des procédés et usages thermiques industriels utilisant des combustibles fossiles par des équipements fonctionnant à l’électricité. Elle concerne notamment la production de chaleur, de vapeur ou le pilotage des procédés industriels. Elle s’inscrit dans une logique de décarbonation et d’amélioration de l’efficacité énergétique. Pourquoi électrifier l’industrie ? L’électrification permet de réduire les émissions de CO₂, surtout lorsque l’électricité est bas-carbone, tout en améliorant les rendements énergétiques. Elle contribue également à limiter la dépendance aux énergies fossiles et à stabiliser les coûts d’exploitation sur le long terme. L’électrification est-elle adaptée à tous les procédés ? L’électrification est particulièrement pertinente pour les procédés à basse et moyenne température, mais son déploiement dépend des contraintes techniques, des besoins thermiques et de la continuité des process. Certaines applications très haute température restent plus complexes à électrifier. Combien coûte l’électrification de l’industrie ? Les coûts varient selon les technologies et l’ampleur des adaptations nécessaires, avec des investissements initiaux parfois élevés. Toutefois, les gains énergétiques, la réduction des coûts carbone et les aides publiques permettent d’améliorer la rentabilité à moyen terme. Quelles aides sont disponibles pour électrifier ? Les projets peuvent bénéficier de plusieurs dispositifs comme les CEE, le Fonds Chaleur, les appels à projets DECARB-IND ou encore des aides régionales et européennes. Ces financements permettent de réduire significativement le coût d’investissement. Comment déployer l’électrification dans l’industrie ? Le déploiement peut passer par une étude d’évolution du mix énergétique, l’identification des procédés électrifiables et le dimensionnement des solutions adaptées. Il nécessite également l’anticipation des besoins électriques, la mobilisation des aides disponibles et un accompagnement technique pour sécuriser le projet. GreenFlex accompagne les industriels à toutes les étapes de ce parcours. Vous souhaitez électrifier vos process ? Nos équipes vous accompagent Je parle à un expert